Projet Tiène

Projet Tiène

Direction : Marc Groenen

 

Collaborateurs :

 

- Mietje Germonpré (IRScNB)

- Elodie-Laure Jimenez (doctorante dans le cadre du projet FRFC ci-dessous)

- Paul-Henri Duvigneaud et Tiriana Segato (Unité Matières et matériaux, ULB)

- Caroline Polet (Unité Anthropologie et génétique humaine, ULB)

- Marie-Christine Groenen (photographie et traitement de l’image)

- Thomas Drouet (Unité Écologie végétale et Biogéochimie, ULB)

- Catherine Behets (Pôle de Morphologie, UCL)

 

 

Les fouilles archéologiques dans la grotte-abri du Tiène des Maulins (Éprave, province de Namur) ont été menées de 1999 à 2011. Quatre séries d’occupations du site ont été mises en évidence.

Un niveau du Premier Âge du Fer (Hallstatt) a fourni un dépôt funéraire contenant le crâne trépané d’un juvénile daté à 570 calBC.

 

Le second niveau comporte les restes de 15 individus du Néolithique récent, jeunes ou très jeunes pour la plupart. L’étude paléoanthropologique de ces restes est réalisée par Rosine Orban et Caroline Pollet. Cette étude apporte une contribution significative sur les comportements funéraires des sociétés de cette époque dans nos régions.

 

Les niveaux du Paléolithique supérieur s’étalent dans une fourchette chronologique comprise entre 29.200 et 41.500 calBC. Ces niveaux aurignaciens ont livré une industrie lithique et osseuse, des parures et des oeuvres d’art mobilier. Il faut mentionner que les dates très anciennes (41.500 calBC) du Paléolithique supérieur du Tiène des Maulins sont contemporaines de l’arrivée de Homo sapiens en Europe. Les fouilles extensives ont permis de préciser l’organisation de l’espace, ainsi que la vocation cynégétique du site.

 

Les niveaux du Paléolithique moyen, quant à eux, ont été datés par thermoluminescence entre 60.000 et 75.000 ans avant notre ère. Ils ont livré les restes de deux individus (un juvénile et un adulte) et 25 structures de combustion remarquablement préservées. Les analyses XRF, DRX, STA, MeB, etc. ont été réalisées en collaboration de Paul-Henri Duvigneaud et Tiriana Segato.

 

Au total, dans l’état actuel des fouilles, les occupations du Tiène des Maulins couvrent une période de 75 millénaires au cours de laquelle les hommes ont laissé de très nombreuses traces de leurs passages, susceptibles de nous éclairer sur leurs comportements techniques et esthétiques, mais aussi sur leurs contacts avec d’autres groupes. L’approche palethnographique permet de comprendre la manière dont le gisement a été exploité et organisé au fil des occupations. L’étude paléoenvironnementale, en cours, devrait permettre de reconstituer l’évolution du milieu pendant cette très longue période.

 

 

Etude de l’implication sociale dans les activités cynégétiques et funéraires à travers la documentation archéologique de la grotte-abri du Tiène des Maulins (Rochefort, province de Namur, Belgique) (subvention FRFC du FNRS) (2011 - 2016)

 

La grotte-abri du Tiène des Maulins a été occupée ou utilisée du Paléolithique moyen (75.000 ans) au Premier âge du Fer (750 avant notre ère). Ceci montre non seulement que l’endroit a joui d’une position stratégique, mais aussi que les hommes ont utilisé ce site en s’adaptant aux importants changements du climat, du paysage et des ressources locales au cours de la préhistoire. L’objectif est d’étudier ces changements naturels et les différentes stratégies d’acquisition sélectionnées par ces groupes afin de mieux comprendre l’impact réel des changements du contexte paléoécologique et les comportements d’adaptation des occupants du site. Une recherche interdisciplinaire croisant les données de terrain acquise en quelque 30 ans de recherche et celles de l’archéozoologie et de la géarchéologie devrait ouvrir la voie à une meilleure connaissance des stratégies cynégétiques, du choix des territoires de chasse et des modes de subsistance au Paléolithique. Mais le gisement a également fourni des restes humains appartenant à ces diverses périodes. À cet égard, la fouille archéologique a apporté des données de première importance sur les comportements funéraires, non seulement des populations du Premier âge du fer, mais aussi de l’homme de Cro-Magnon et – fait plus exceptionnel pour la Belgique – de l’homme de Néandertal. Il offre donc l’opportunité d’interroger et de comparer les modes de vie et de pensée des deux humanités préhistoriques qui se sont succédé dans un même endroit, à des époques et dans des milieux très différents.